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ET APRES, LES SAUVEURS - Texte Jacques LECLERC



Plus d’un demi-siècle de démesure et d’aliénation : Le premier homme dans l’espace, l’érection et la démolition du mur de la honte, le printemps de Prague, les événements de mai 68, l’arrivée de l’informatique, le sexe, la drogue, l’argent, les marées noires, les chocs pétroliers, le luxe et la luxure.

Les peuples se libèrent, les industries flambent, la pollution explose. Tout est permis. IL est interdit d’interdire.

La planète souffre.

Elle endure.

Elle n’en peut plus.

Elle tremble de peur et de rage.

Elle brûle, puis inonde.

Rien n’y fait. Alors elle se fâche : tsunami, Sida, canicule…

Rien n’y fait. Le monde marche sur la tête.

L’humain, animal imbécile et prédateur se déshumanise. Plus rien ne compte plus que lui et lui seul. Les écarts entre les riches et les pauvres se creusent comme la vague en mer d’Iroise par gros temps. Qu’en est-il de l’égalité des droits quand des citoyens travailleurs dorment dans des bidonvilles et crèvent de faim et de froid ?

La fraternité est morte depuis longtemps et le « chacun pour soi » est devenu la règle fondamentale.

La liberté s’estompe dans la noirceur du totalitarisme aux aguets derrière les portes de la démocratie.

L’humanité se noie en mer. La Méditerranée vomit les cadavres de femmes et d’enfants sur les plages paradisiaques des iles grecques.

Solidarité. Un mot plein d’espoir. Il commence comme soleil. Espoir déçu. Aujourd’hui, Emmaüs a besoin de cinq millions d’Euros pour assurer sa mission auprès des plus démunis. Un joueur de football professionnel peut gagner jusqu’à un million d’euros par mois. Solidarité !

Face à l’arriération mentale de l’homme, la planète montre de l’humeur. Elle a besoin de répit. Elle veut respirer et reprendre des couleurs. Isoler les fauteurs de troubles. Les apeurer une bonne fois pour toute et Tous en même temps. Blanc, noir ou jaune, mince ou gros, riche ou pauvre, en bonne santé ou malade, jeunes ou vieux, sans exception aucune, confinés ils seront.

Covid apparait. Furtivement, sournois et assassin. Il tue l’humanité et désagrège la mondialisation. Ceux qui se prennent pour les grands de ce monde sont impuissants. Les sachants paniquent car ils ignorent. Les donneurs de leçons ne doutent toujours pas et n’hésitent pas à mettre en avant leurs lumières. Les opposants continuent à s’opposer car ils ne savent rien faire de plus. Pendant ce temps, les peuples pleurent leurs morts sans pouvoir les embrasser une dernière fois.

Sans regret, la planète observe et jubile. Dans un ciel redevenu bleu azur, les oiseaux volettent allégrement et narguent les hommes. La nature, reposée et silencieuse, prend ses aises. L’homme, isolé, languit.

Et après ?

Yaka et Focon, les sauveurs, arrivent avec certitude et arrogance.

Il y a qu’à mettre des masques.

Il faut qu’on teste toute la population.

Il y a qu’à isoler les positifs au Covid.

Il faut qu’on aide les entreprises.

Il y a qu’à rouvrir les écoles pour libérer les parents.

Il faut qu’on redémarre l’économie.

Les pseudos intellectuels laïussent, les politiques pérorent, pendant que les journalistes palabrent. En silence, le virus poursuit sa macabre besogne.

Et après ? crise économique, crise sanitaire, crise sociale, crise monétaire ? Il faudra attendre pour voir.

Précarité, violence, misère, famine ?

Il faudra attendre pour voir.

La planète prévient une fois de plus. Et si c’était le dernier avertissement !

Yaka et Focon, fermez vos gueules.

Regardons notre planète. Tous ensemble. Elle est notre jardin.

Portons-lui secours avant qu’elle n’ait besoin d’être transférée en réanimation.



Jacques LECLERC

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